Hoh Rain Forest : guide pratique de la forêt pluviale du parc Olympic

On rejoint la vallée du Hoh par une route qui ne mène nulle part ailleurs, et le paysage a changé avant qu’on sorte de voiture. La mousse prend les troncs, les branches, tout ce qui dépasse ; les fougères couvrent le sol. Rien de tropical là-dedans : la péninsule Olympique, dans l’État de Washington, est à la latitude de la Bretagne. C’est une forêt pluviale tempérée, faite de pluie et de brouillard, pas de chaleur.

Sentier de terre entre des érables couverts de mousse pendante et des touffes de fougères, dans la forêt pluviale du Hoh
Le sentier du Hall of Mosses, dans la vallée du Hoh, sous les érables chargés de mousse. Photo Brianna Parks, Unsplash.

Quatre vallées, une seule que tout le monde vise

Le parc national Olympic protège quatre vallées de forêt pluviale : Quinault, Queets, Hoh et Bogachiel. Le Hoh concentre les visiteurs, avec le centre d’accueil, un parking au bout de la route et deux boucles courtes : le Hall of Mosses sur 1,2 kilomètre, le Spruce Nature Trail sur 1,9 kilomètre. Le Hoh River Trail, lui, remonte la rivière bien plus loin, en aller-retour aussi long qu’on veut.

Les arbres y montent jusqu’à 76 mètres et leur tronc atteint 9 à 18 mètres de circonférence. Des hardes de wapitis de Roosevelt vivent dans la vallée toute l’année. Le parc demande de ne pas les approcher : la consigne s’adresse au visiteur, pas au troupeau. Ce sont ces forêts qui valent à Olympic son classement en réserve de biosphère en 1976, puis son inscription au patrimoine mondial en 1981.

La fenêtre sans pluie est courte

L’essentiel des précipitations tombe entre novembre et avril. Juillet et août sont doux à chauds, avec de forts écarts dans la journée : c’est la seule période où espérer plusieurs jours de suite sans pluie. C’est aussi la seule où le centre d’accueil ouvre tous les jours ; le parc republie ses horaires réduits chaque saison. Le revers tient au stationnement : le parking se remplit vite et l’attente commence à la guérite. Arriver tôt, ou en fin d’après-midi, change la journée.

Deux jours pour la forêt, trois avec la côte

Depuis Port Angeles, Hurricane Ridge, le lac Crescent et Sol Duc sont à portée directe, chacun par sa route. Le Hoh est d’un autre ordre : de l’autre côté du massif, il ne s’atteint que par le tour de la péninsule, bien plus long. Kalaloch, sur la côte, est plus au sud sur la même route, Quinault encore au-delà. Le parc conseille deux à trois jours pour la montagne, la forêt pluviale et la côte, en répartissant les nuits entre le nord et l’ouest.

Sea-Tac, la 101, puis une route de comté

L’aéroport d’arrivée est Sea-Tac ; la péninsule se rejoint ensuite par la route ou par les ferries de Washington State Ferries, via Bainbridge Island, Kingston ou Port Townsend. Sur place, tout passe par la 101. La dernière portion, l’Upper Hoh Road, appartient au comté de Jefferson : c’est le maillon fragile. Coupée par une crue, elle est restée fermée des mois et n’a rouvert qu’après des travaux financés par l’État. Son état se vérifie auprès du comté, pas du parc. Sans voiture, la vallée est hors d’atteinte : la navette saisonnière citée par le parc dessert Hurricane Ridge, pas le Hoh.

Où poser ses nuits

Quatre hébergements sont exploités dans le parc, aucun dans la vallée du Hoh. Le plus proche, à Kalaloch sur la côte, est le seul ouvert toute l’année ; les trois autres ferment l’hiver et rouvrent à des dates fixées saison par saison. Les chambres partent vite en été. Dans la vallée, le camping du Hoh aligne 72 emplacements au bord de la rivière, réservables six mois à l’avance, et la réservation y devient obligatoire en haute saison, sur une fenêtre revue chaque année. Forks, sur la 101, sert de base arrière.

Ce que coûte la visite

L’entrée revient à 30 dollars par véhicule pour sept jours, 25 dollars à moto, 15 dollars à pied ou à vélo, gratuit pour les moins de 16 ans. Le pass annuel du parc est affiché à 55 dollars, le pass America the Beautiful à 80 dollars. Les visiteurs non-résidents relèvent désormais d’une grille distincte : un pass annuel qui leur est propre, et un supplément par personne dans certains parcs très fréquentés. Le parc n’accepte pas les espèces.

Côté nuits, la hiérarchie ne bouge pas : le bivouac en zone sauvage est le moins cher, à 8 dollars par personne et par nuit plus 6 dollars de permis ; viennent ensuite les campings, payés à l’emplacement, puis les lodges, aux tarifs variables selon la saison et la disponibilité. C’est là que se joue le budget. Ce qui se prépare, c’est l’enchaînement des nuits : deux au bord de l’eau, une près de la forêt, une avant l’aéroport. On le monte jour par jour dans Trip Planner, qui en chiffre le coût au fur et à mesure, avant de bloquer quoi que ce soit.

Reste ce qui ne se planifie pas. Il pleut ici une bonne partie de l’année, l’été compris, et la forêt ne se visite pas autrement : chaussures qui supportent la boue, veste imperméable, et de quoi rester dehors sous une pluie fine. La mousse est à ce prix.